Importance de la formation
Nous vivons dans une société axée sur le savoir, où les compétences constituent un visa indispensable au succès. Dans un contexte de fusions, de partenariats, de globalisation des opérations et de nouvelles technologies, le monde de la formation se transforme radicalement depuis quelques années sous l’influence de plusieurs tendances : besoins organisationnels accrus de rapidité et de flexibilité, environnement de haute performance, importance croissante de la nécessité de gérer le savoir, émergence de l’organisation apprenante.
Dans ce monde en constante évolution, les compétences spécialisées acquises doivent être constamment perfectionnées et mises à jour. Pour livrer une concurrence efficace dans une conjoncture de plus en plus exigeante, il est essentiel de se tenir à jour grâce à la formation. Sur le plan individuel, le fait de posséder des compétences à jour permet de mener une carrière gratifiante. En bout de ligne, les employés qui possèdent les compétences et connaissances nécessaires pour exécuter leur travail offriront un rendement supérieur tant sur le plan qualitatif que quantitatif. Pour les entreprises, l’acquisition de compétences rehausse les normes de service, accroît la satisfaction de la clientèle et contribue à l’augmentation du chiffre d’affaires.
Les entreprises qui investissent beaucoup en formation sont aussi parmi les plus performantes. Elles ont choisi de mettre l’apprentissage au premier rang des efforts organisationnels pour demeurer compétitives et se positionner dans la nouvelle économie. Elles le font pour diverses raisons :
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Améliorer les connaissances et les habiletés du personnel;
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Réduire le roulement de personnel et améliorer sa rétention dans l’entreprise;
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Accroître la productivité;
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Réduire les coûts fixes de l’entreprise;
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Améliorer la flexibilité et capacité d’adaptation du personnel;
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Améliorer la communication interne;
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Atteindre de nouveaux standards de qualité;
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Améliorer le morale du personnel.
Par la formation de la main-d’œuvre, les entreprises parviennent à remédier à des problèmes d’inefficacité et à combler le manque de compétences nécessaire à la bonne marche des affaires de l’entreprise. Ainsi, le lien entre la productivité des entreprises et le volume des investissements en formation s’établit de plus en plus clairement.
Le Conference Board du Canada affirme que les entreprises qui investissent le plus en formation atteignent un niveau de productivité et de rentabilité plus élevé notamment en ce qui a trait aux ventes nettes par employé et à la marge bénéficiaire brute (CBC, Training and Development Outlook, 1999).
Par contre, celles qui ne le font pas se rendent compte rapidement que le coût de la non formation devient plus élevé que celui de la formation (Marcia L. Conner) :
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Le personnel n’ayant pas suivi de formation prend jusqu’à 6 fois plus de temps pour réaliser la même tâche;
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La formation fidélise l’employé. Un sondage réalisé par Louis Harris & Associate Poll révèle que parmi les employés disant qu’il n’y a pas ou presque pas de formation au sein de leur entreprise, 41% prévoient de quitter l’entreprise en cours d’année. Pour ceux disant que leur entreprise offre une formation de qualité, seulement 12% prévoient de quitter l’entreprise;
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Une étude de l’American Society of Training and Development réalisée sur une période de 4 ans montre que les entreprises qui consacrent $1500 par employé par année, en comparaison avec celles qui n’en consacrent que $125, ont enregistré un accroissement de 24% de leur marge de profit et une augmentation de revenu de 218% par employé;
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Des études démontrent qu’une formation interne peut coûter jusqu’à 73% de plus qu’une formation réalisée par une firme externe.
Par exemple, dans le cas d’une entreprise qui décide d’implanter une nouvelle solution logicielle comptant uniquement sur la capacité d’autoformation de ses employés, une étude d’Autodesk menée auprès de ses clients révèle que chez les utilisateurs non formés au système, on estimait la chute de productivité à 40% suivie d’une période de 11 mois nécessaire pour rattraper les taux de productivité habituels. En revanche, chez les clients ayant opté pour une formation externe, les utilisateurs ayant suivi une formation affichaient une perte de productivité de 55%, mais rattrapaient leur taux habituel après seulement 4 mois. Qui plus est, après deux ans, tandis que chez les utilisateurs non formés on ne constatait qu'une hausse de productivité de 125% avec AutoCAD, les utilisateurs formés enregistraient un accroissement de productivité de 177%.
Il convient également de souligner que les utilisateurs non formés ne parviennent jamais à rattraper la productivité des utilisateurs formés. Ces données indiquent que non seulement il existe un écart entre les utilisateurs formés et non formés, mais que cet écart se creuse au fil du temps.
Par contre, tenter de justifier la formation en partant d'elle-même, c'est faire fausse route. Contrairement aux phénomènes physiques obéissant toujours aux mêmes lois répertoriées par la science, la formation en entreprise n'est pas du tout scientifique. C'est une activité humaine, normative, consciemment organisée et constamment réorganisée selon la volonté de ceux qui l'animent et qui y participent. La formation est assujettie aux circonstances de lieu, de personnes et de temps. Une activité de formation peut bien être très efficace dans telle situation, auprès de telles personnes, mais pas nécessairement tout le temps, avec tout le monde, partout, dans toutes les circonstances.
D’où l’intérêt de s’interroger sur la rentabilité des nombreuses sommes investies dans le développement du capital humain et l’évaluation du rendement du capital humain (Amélie Bernier, 2006).
Bénéfices de la formation
S’appuyant sur les résultats d’une enquête réalisée auprès d’entreprises et d’organismes de formation, François-Marie Gérard (2007) estime que si beaucoup considèrent la formation comme un investissement, peu se préoccupent réellement du « retour sur investissement ». Tout se passe, constate-t-il, comme si tout le monde avait conscience de l’importance et de la nécessité de l’investissement en formation, mais que la mise en œuvre de moyens opérationnels pour estimer le retour d’investissement n’était pratiquement jamais réalisée principalement pour les raisons suivantes :
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Les outils à mettre en place n’existent pas;
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La responsabilité de l’opération ne relève de personne en particulier;
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Il est perçu qu’il va de soi que l’investissement en formation est inévitablement suivi d’un retour.
Dans la Nouvelle Économie, la formation est considérée comme un outil stratégique, un atout d’autant plus important en cette période économique difficile. De plus en plus de départements de formation se font demander de justifier leurs budgets en termes de retour sur investissement. L’intention réelle derrière le calcul du ROI des programmes de formation est de démontrer que « les participants sont capables de produire un effet sur la performance organisationnelle de l’entreprise à la suite de leur apprentissage en classe ». Mais cette démonstration n’est pas toujours limpide. Isoler les effets produits par une formation parmi toutes les sources d’influences affectant positivement ou négativement la performance d’une entreprise à un moment donné est l’étape la plus critique dans le processus menant au calcul du ROI (Lynette Gillis & Allan Bailay, 2003).
Il est possible d’identifier des indicateurs de bénéfices dans tous les champs d’activités au sein d’une entreprise (Janelle Moy, 2000).
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Productivité et efficacité
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Ventes et rentabilité
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Qualité des produits et services
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Service à la clientèle
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Santé et sécurité au travail
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Formation et développement du personnel
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Climat organisationnel, culture et pratiques
Cependant, il faut distinguer deux types de bénéfices : les bénéfices quantifiables et les bénéfices intangibles, ces derniers étant beaucoup plus difficiles à cerner et à isoler mais dont l’importance peut s’avérer considérable. La liste ci-dessous n’est qu’un aperçu de la diversité des bénéfices possibles.
Exemples de bénéfices quantifiables |
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Exemples de bénéfices intangibles |
Réduction du nombre d'accidents de travail |
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Amélioration des communications |
Réduction de l'absentéisme |
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Amélioration du moral chez les employés |
Réduction du taux de roulement du personnel |
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Réduction de la nature des griefs |
| Augmentation d'efficacité et de productivité |
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Diminution du nombre de plaintes de clients |
| Réduction des gaspillages |
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Amélioration des relations interpersonnelles |
| Diminution des rejets et des réfections |
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Réduction des recours légaux |
| Réduction des temps de cycle |
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Augmentation de la qualité du service |
La relation de cause à effet formation-performance est difficile à isoler parce que ces effets se manifestent graduellement et que plusieurs inducteurs peuvent agir dans la période observée. De plus, les données sont souvent difficiles à obtenir. Nous ne pouvons donc pas mesurer la performance et le retour sur investissement de façon constante et continue. Les frais de la mesure en viendraient à dépasser les gains réalisés (Martin Dessureault et Jean-François Roussel, 2002).
Est-il approprié de calculer le ROI pour chaque programme de formation? « Non » répond Jack J. Phillips (2007), le spécialiste de l’heure en la matière. Seulement quelques programmes devraient faire l’objet d’une évaluation du ROI. Il est opportun de le faire uniquement pour les programmes coûteux, stratégiques, hautement visibles, orientés sur l’opérationnel, impliquant une large audience, et suscitant l’intérêt des gestionnaires en termes de rentabilité.
Lors de la prochaine parution, nous traiterons du retour sur l’investissement (ROI) comme outil de calcul de la rentabilité d'une formation, des indicateurs tangibles et intangibles à mettre en place, et nous présenterons deux études de cas pour illustrer la méthodologie du calcul de ROI.
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